Financement de la recherche et emballage durable : des défis majeurs pour les entreprises privées dans l’espace AES

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Financement de la recherche et emballage durable : des défis majeurs pour les entreprises privées dans l’espace AES

Lors de la 4ᵉ édition du Salon de l’Emballage Agroalimentaire en Afrique (AFoodPack), tenue du 16 au 19 octobre 2025 à la Salle de Conférence de Ouaga 2000, sous le thème « Investissements et financement dans l’industrie de l’emballage écologique dans l’AES », Rémi Bationo et Moustapha Drabo ont animé, le 17 octobre, une communication consacrée aux défis de financement et d’investissement dans la recherche sur les emballages durables.

 

Face à la montée inquiétante des déchets plastiques et aux enjeux environnementaux croissants, la question du financement de la recherche apparaît aujourd’hui comme un levier stratégique pour développer des alternatives durables dans le secteur de l’emballage.

 

Dans une première partie, Rémi Bationo, chercheur au Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique, a dressé un état des lieux préoccupant de la gestion des déchets plastiques au Burkina Faso. Il a révélé que la commune de Ouagadougou génère environ 1 640 tonnes de déchets plastiques par jour, soit près de 600 000 tonnes par an. Une situation critique, accentuée par une augmentation significative de la part du plastique dans les déchets ménagers, passée de 18 % en 2018 à près de 30 % en 2025.

Selon lui, si aucune mesure structurelle n’est prise, cette proportion pourrait atteindre 60 % d’ici 2030. Les impacts sont multiples : obstruction des systèmes d’évacuation, dégradation des écosystèmes et menaces sur la santé publique. Malgré l’existence d’un cadre réglementaire, les alternatives restent insuffisantes, comme l’a démontré une enquête menée entre 2023 et 2024, où les consommateurs pointent le manque de solutions accessibles.

Dans ce contexte, le chercheur a mis en avant le potentiel des déchets agricoles et alimentaires, qui représentent près de 83 % des déchets organiques, comme matière première pour la conception d’emballages biodégradables. Il a insisté sur la nécessité de développer des biocomposites adaptés aux réalités locales, capables de remplacer efficacement les plastiques conventionnels.

Abordant le concept d’emballage, il a rappelé la distinction entre conditionnement (en contact direct avec le produit) et emballage (utilisé pour la conservation, le transport ou la commercialisation). Il a également souligné que la valorisation des résidus agricoles dans une logique d’économie circulaire constitue un levier essentiel pour renforcer la sécurité alimentaire et réduire les pertes post-récolte.

Dans la seconde partie, Moustapha Drabo, enseignant-chercheur au Centre Universitaire de Gaoua, a orienté sa communication sur les initiatives de recherche et les défis liés à leur financement. Il a mis en avant la nécessité de structurer un cadre intégratif pour le développement d’une industrie de l’emballage durable au Burkina Faso, soutenu notamment par des partenariats internationaux comme celui avec la Banque Islamique de Développement (IsDB) et une collaboration technique en Malaisie.

Cependant, plusieurs contraintes persistent : insuffisance de financements adaptés, manque d’expertise locale et nouveaux défis sanitaires liés à la sécurité des emballages alimentaires. Face à ces enjeux, le communicateur a plaidé pour une mobilisation accrue des acteurs publics, privés et financiers afin de soutenir la recherche et favoriser l’émergence de solutions innovantes.

Il a également souligné l’importance de produire des résultats scientifiques quantifiables pour attirer les investisseurs et convaincre les bailleurs de fonds, tout en encourageant des approches multipartites pour accélérer la transition vers des emballages durables.

 

À travers cette communication, les intervenants ont mis en lumière l’urgence de renforcer le financement de la recherche pour accompagner la transition vers des solutions d’emballage écologiques. Entre défis structurels et opportunités d’innovation, le développement d’une industrie durable dans l’espace AES passera inévitablement par une synergie renforcée entre recherche, investissement et acteurs du secteur.

 

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