Lors de la 4ᵉ édition du Salon de l’emballage agroalimentaire en Afrique (AFoodPack), tenue du 16 au 19 octobre 2025 à la Salle de Conférence de Ouaga 2000, le premier panel consacré à la compréhension de l’écosystème et du cadre juridique de l’industrie de l’emballage agroalimentaire a accueilli une communication du Dr Zoetiying Billa. Son intervention a porté sur l’état des lieux des financements verts dans l’espace de l’Alliance des États du Sahel (AES) et les perspectives pour renforcer l’accès des acteurs du secteur à ces mécanismes financiers.

Une analyse du financement vert dans l’espace AES
Dans le cadre des travaux du premier panel d’AFoodPack 2025, le Dr Zoetiying Billa, docteur en sciences de gestion économique, a présenté une communication axée sur les opportunités et les défis du financement vert pour l’industrie de l’emballage agroalimentaire. Son intervention visait à éclairer les participants sur les mécanismes existants et les stratégies permettant de soutenir la transition vers une économie plus verte et durable dans l’espace de l’Alliance des États du Sahel.
En introduction, le communicateur a rappelé l’importance croissante du financement vert dans un contexte mondial marqué par les défis liés au changement climatique et à la perte de biodiversité. Selon lui, la finance verte constitue aujourd’hui un levier stratégique pour accompagner la transition écologique et soutenir des initiatives économiques respectueuses de l’environnement.
Clarification des concepts clés
Pour faciliter la compréhension de son analyse, le Dr Billa a commencé par définir plusieurs concepts essentiels. Il a notamment expliqué que le financement vert renvoie à l’ensemble des activités financières, des comportements d’investissement et des réglementations visant à soutenir des projets à impact environnemental positif.
Il a également précisé les notions de mécanisme financier, de feuille de route stratégique et de l’Alliance des États du Sahel (AES), organisation de coopération régionale engagée dans le renforcement de la résilience économique et environnementale de ses États membres.
Des mécanismes de financement encore peu exploités
L’analyse présentée a mis en évidence l’existence de plusieurs mécanismes internationaux de financement vert. Parmi ceux-ci figurent notamment le Fonds vert pour le climat, les fonds africains de garantie dédiés au soutien des PME et les programmes de financement visant à renforcer la résilience des pays africains face aux effets du changement climatique.
Malgré ces dispositifs, le communicateur a souligné que la finance verte demeure encore insuffisamment développée dans l’espace AES. Les mécanismes existants reposent principalement sur des appels à projets, tandis que d’autres instruments financiers tels que les fonds d’investissement dédiés, les partenariats avec les institutions bancaires ou encore le financement participatif restent faiblement exploités.
Par ailleurs, plusieurs obstacles limitent l’accès des entreprises aux financements verts, notamment la complexité des procédures, les critères d’éligibilité stricts et le manque d’accompagnement technique des porteurs de projets.

Entre opportunités et contraintes pour les entreprises vertes
L’évaluation de l’impact des mécanismes financiers sur la dynamique entrepreneuriale révèle des résultats contrastés. D’une part, certains dispositifs ont favorisé l’émergence de startups innovantes, la création d’emplois et la structuration de réseaux professionnels dans le secteur de l’économie verte.
D’autre part, la forte dépendance aux appels à projets et la faible diversification des sources de financement fragilisent la durabilité des entreprises vertes. Une proportion importante de ces entreprises ne bénéficie d’aucun dispositif de soutien après leurs premières années d’existence, ce qui limite leur capacité à se développer et à proposer des solutions innovantes à long terme.
Des recommandations pour renforcer la finance verte dans l’AES
Pour améliorer l’accessibilité et l’efficacité des financements verts, le Dr Billa a formulé plusieurs recommandations stratégiques. Il préconise notamment le renforcement des partenariats entre les acteurs publics, privés et financiers, ainsi que le développement de services innovants à forte valeur ajoutée.
Il a également insisté sur la nécessité de mobiliser davantage de ressources endogènes et de renforcer l’ingénierie financière afin d’attirer des investissements durables dans le secteur de l’économie verte. Selon lui, la mise en place d’une feuille de route stratégique sur les cinq prochaines années permettrait de structurer les actions et d’optimiser la mobilisation des financements verts dans l’espace AES.
Vers une dynamique régionale pour l’économie verte
En conclusion, cette communication a mis en lumière l’importance stratégique du financement vert pour accompagner le développement de l’industrie de l’emballage écologique et soutenir les filières agroalimentaires dans l’espace AES.
En favorisant une meilleure coordination des partenaires financiers et en développant des mécanismes adaptés aux réalités locales, les États et les acteurs économiques pourraient renforcer les initiatives vertes et accélérer la transition vers une économie plus durable.
