Les 30 et 31 juillet 2021, lors de la première édition virtuelle d’AFoodPack tenue au Burkina Faso sous le thème « Emballage et sécurité alimentaire », Hyacinthe Kaboré, économiste-financier et spécialiste du développement des PME, a animé une communication sur les mécanismes de financement publics, mettant en évidence les limites du système actuel et les défis d’accès au crédit pour les acteurs du secteur de l’emballage.

Dès la première édition d’AFoodPack, la question du financement de l’emballage s’est imposée comme un enjeu stratégique pour le développement des entreprises agroalimentaires au Burkina Faso.
Dans son intervention, Hyacinthe Kaboré a d’abord posé les bases en rappelant que l’emballage constitue un levier essentiel de compétitivité et de création de valeur pour les entreprises. Pourtant, ce facteur reste encore insuffisamment maîtrisé par de nombreux acteurs, notamment les transformateurs, les agriculteurs et les éleveurs. Cette situation limite leur capacité à accéder à des marchés plus exigeants, en particulier à l’international.
Abordant ensuite l’état des lieux du financement, le communicateur a souligné une réalité majeure : l’absence de mécanismes de financement spécifiquement dédiés au secteur de l’emballage au Burkina Faso. Les dispositifs existants, bien que nombreux, sont généralistes et s’adressent à l’ensemble des secteurs d’activité. À ce titre, il a mis en lumière l’existence d’environ quinze fonds nationaux, parmi lesquels le Fonds d’Appui aux Initiatives des Jeunes (FAIJ) (n’existe plus), le Fonds Burkinabè pour le Développement Économique et Social (FBDES), le Fonds National pour la Finance Inclusive (FONAFI) ou encore l’Agence de Financement et de Promotion des PME (n’existe plus).

Ces mécanismes, mis en place par l’État et ses partenaires, visent à accompagner les initiatives privées. Toutefois, leur accessibilité reste limitée par des conditions parfois contraignantes, une disponibilité insuffisante des ressources et des difficultés liées au recouvrement. À cela s’ajoutent des défis structurels, notamment le manque de professionnalisme de certains bénéficiaires, qui freinent l’efficacité globale du système.
Face à ce constat, Hyacinthe Kaboré a insisté sur la nécessité de mieux orienter les acteurs vers ces opportunités existantes, tout en plaidant pour la mise en place de dispositifs spécifiques au secteur de l’emballage. Selon lui, un tel mécanisme permettrait de soutenir efficacement l’innovation, d’améliorer la qualité des produits et de renforcer la compétitivité des entreprises burkinabè.
À travers cette communication, AFoodPack a, dès sa première édition, ouvert un débat crucial : sans un financement adapté et structuré, le développement d’une industrie de l’emballage performante restera un défi. Une problématique toujours d’actualité, qui appelle à une mobilisation accrue des acteurs publics et privés.
