Lors de la 4ᵉ édition du Salon de l’Emballage Agroalimentaire en Afrique (AFoodPack), tenue du 16 au 19 octobre 2025 à la Salle de Conférence Internationale de Ouaga 2000, le deuxième panel consacré aux défis d’accès au financement des PME du secteur de l’emballage a mis en lumière l’expérience de Aziz Nien, Président du Conseil d’Administration de SOFATO SA. Sa communication a porté sur les obstacles au financement des PME et les solutions endogènes, à travers le cas concret de son entreprise.

Une expérience concrète pour comprendre les défis du financement
Dans le cadre du panel dédié aux défis d’accès au financement, l’intervention de M. Nien a apporté un éclairage pratique sur les réalités auxquelles font face les PME du secteur agroalimentaire et de l’emballage.
À travers une approche structurée, il a articulé sa communication autour de la présentation de SOFATO, de son historique, de son modèle économique et des spécificités de ses emballages. Son objectif : démontrer que malgré les contraintes, des solutions innovantes existent pour financer des projets ambitieux en Afrique.
SOFATO : une success story née d’une vision endogène
SOFATO SA est une entreprise spécialisée dans la production et la commercialisation de tomate, avec une unité industrielle implantée à Yako, capable de transformer jusqu’à 100 tonnes de tomates par jour.
L’origine du projet remonte à une expérience en Turquie, à Istanbul, où les promoteurs ont découvert un modèle de financement basé sur des coopératives et un actionnariat populaire. Inspirés par cette organisation, ils ont décidé d’adapter ce modèle au contexte burkinabè.
De retour au pays, ils se sont constitués en coopérative, avant de lancer le projet SOFATO. La pose de la première pierre intervient en 2019, avec une construction progressive financée par les contributions des membres. Une stratégie de communication basée sur la transparence et la valorisation des avancées a permis de mobiliser davantage de souscripteurs au fil du temps.
Entre contraintes financières et choix stratégiques
Malgré cette dynamique, le projet a rapidement été confronté à des défis majeurs de financement. À la recherche de partenaires, les promoteurs se sont tournés vers l’international, notamment au Maroc, où une proposition d’investissement de plusieurs millions de dollars a été envisagée, en échange d’une part significative du capital.
Cependant, dans un contexte marqué par la volonté des plus hautes autorités de promouvoir un développement endogène, un appui institutionnel a permis de réorienter la stratégie. Un financement national combiné à des partenariats techniques, notamment avec des fournisseurs d’équipements venus de la Chine sous forme de prêt, a permis de poursuivre et d’achever le projet.
L’usine SOFATO a finalement été inaugurée en décembre 2024, marquant l’aboutissement d’un processus long, mais porteur d’enseignements pour les porteurs de projets.
Le financement participatif comme levier stratégique
Au cœur de la communication de M. Nien, le financement participatif a été présenté comme une solution clé pour les PME. Selon lui, ce modèle permet de réduire les risques, de mobiliser les ressources locales et de renforcer l’appropriation des projets par les communautés.
Il a insisté sur l’importance de commencer à petite échelle, de s’appuyer sur son environnement immédiat et de privilégier l’actionnariat populaire comme base de financement. Une approche qui, selon lui, constitue l’un des moyens les plus adaptés aux réalités africaines.

L’emballage, un défi majeur pour l’industrialisation
Au-delà du financement, M. Nien a également mis en lumière les difficultés liées à l’accès à des emballages de qualité. Pour ses produits, SOFATO a dû parcourir plusieurs pays afin de trouver des solutions adaptées, illustrant ainsi les limites actuelles de l’écosystème local.
Malgré ces contraintes, l’entreprise a réussi à se distinguer en remportant un prix du meilleur emballage dans un pays de la sous-région, preuve de son engagement en matière de qualité et d’innovation.
Cette expérience met en évidence l’importance de développer une industrie locale de l’emballage capable de répondre aux besoins des entreprises agroalimentaires.
Une communication en phase avec les enjeux d’AFoodPack
À travers cette intervention, M. Nien a démontré que le financement et l’emballage sont deux leviers indissociables pour le développement des filières agroalimentaires.
Son témoignage s’inscrit pleinement dans le thème de cette édition d’AFoodPack, en mettant en évidence la nécessité de renforcer les mécanismes de financement et de structurer l’écosystème de l’emballage dans l’espace AES.
En partageant l’expérience de SOFATO, cette communication ouvre des perspectives concrètes pour les entrepreneurs africains. Elle rappelle que, malgré les défis, des solutions existent et que le développement d’une industrie agroalimentaire compétitive passe nécessairement par des modèles de financement innovants et une meilleure maîtrise de la chaîne de valeur, notamment en matière d’emballage.